LETTRE APPROUVÉE PAR LE FILTRE À FAUTES


Bonjour mes amis du futur !

Je m'appelle Hélène Desrosier et j'ai dix ans. J'ai une sœur jumelle qui s'appelle Édith. Elle est très courageuse et n'hésite jamais à sortir sa fronde pour se défendre. Moi, je suis beaucoup plus discrète. Je préfère rester dans mon coin et écouter le vent dans les arbres.

Chez nous, il y a une magnifique courtepointe avec un pommier brodé dessus. C'est ma maman Esther qui l'a faite pour Édith juste avant de mourir en 1851, quand ma petite sœur Thérèse est née. Je regarde souvent ce pommier et je pense à elle. Maman me manque tellement que parfois, j'ai l'impression de l'entendre m'appeler dans la maison, même si je sais que c'est impossible.

Papa Michel a eu beaucoup de peine lui aussi. Pour nous élever, nous les huit enfants, il a épousé ma tante Thérèse en 1852. C'est notre nouvelle mère maintenant. Mais certains villageois ont été méchants : ils sont venus faire un charivari sous nos fenêtres. C'était un bruit affreux de casseroles et de cris pour se moquer de papa. Je me suis cachée la tête sous mon oreiller pour ne plus rien entendre. Pourquoi les gens font-ils tant de bruit quand on a déjà le cœur brisé ?

Mademoiselle Tremblay dit que ce que je ressens s'appelle la mélancolie. C'est une tristesse douce et triste en même temps, comme un soleil qui se couche. Ma nouvelle maman est très gentille et elle essaie de nous rendre heureux, mais la douleur de l'absence est toujours là, bien enfouie au fond de moi.

Est-ce que dans votre siècle, il y a encore des gens qui font du bruit pour blesser les familles ? Et comment faites-vous pour consoler ceux qui ont perdu leur maman ?

Votre amie silencieuse,
Hélène Desrosier