... Confidences d'Aurigène — Les études de Charles Harris
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CONFIDENCES
À propos du parcours de Charles

Charles Harris, futur médecin de notre village, nous livre ici un témoignage précieux sur l'éducation au XIXe siècle. De la petite école de sa mère jusqu'au régime rigoureux du Séminaire de Nicolet, découvrez comment se forgeait l'élite de 1850.

Les études de Charles Harris

Charles Harris a d'abord fait ses études primaires au village Prologue. Sa mère, Madeleine Saintonge, était son institutrice. C'est elle qui lui a appris à lire et à écrire et à ne jamais accepter un travail bâclé comme le font si souvent les paresseux. Non! La paresse, ce n’était pas du tout sa tasse de thé ni celle de ses frères et sœurs. Madame Saintonge répétait souvent à ses enfants qu'il ne fallait pas qu'ils fassent trop confiance en leur génie, mieux valait développer des habitudes de travail basées sur la persévérance.

Une petite école de village au 19ème siècle

L'école de village, premier théâtre des études de Charles.

Sa mère était une bonne institutrice. Elle désirait que les enfants s'épanouissent et, pour y parvenir, elle mettait beaucoup d'énergie, de douceur et de patience envers chacun de ses élèves. Cependant, elle ne montrait aucune préférence pour ses enfants et chacun devait mériter sa confiance et son estime.

À l'âge de 11 ans, soit en 1836, Charles fut pressenti pour la prêtrise. C'est alors qu'il a commencé à fréquenter les classes latines dans la paroisse de la seigneurie de la Vadrouille. Là, le curé réunissait, dans son presbytère, quelques enfants remarqués pour leur piété, leurs talents, pour les études ou leur goût pour la lecture. Charles Harris était talentueux pour les études et avait déjà le goût de la lecture, mais ce n'était pas particulièrement un enfant doué pour la piété. Cependant, sa mère entendait qu'il devienne curé, mais Charles ne l'entendait pas ainsi.

Les enfants apprenaient, dans les classes latines, les rudiments du latin et se préparaient aux études ecclésiastiques sans défrayer de pensions coûteuses ni trop s'éloigner de la maison familiale. Ces classes ne firent pas long feu dans la seigneurie de la Vadrouille et aux environs et elles disparurent avec la mort du curé résident, l'abbé Laroche dit Tournepierre.

Charles se souvient très bien de ce vieil homme, érudit et passionné par la lecture. Il le tenait particulièrement en affection et, s'il avait été «appelé» par Dieu à la vocation sacerdotale, c'est à ce prêtre qu'il aurait voulu ressembler.

Après avoir étudié à la petite école de son village et aux classes latines, Charles Harris se dirige au Séminaire de Nicolet où, de 1839 (ou 1838) à 1844, il fait ses études classiques. Il a tout juste dix-neuf ans lorsqu'il quitte le Séminaire pour suivre sa voie.

Pourquoi est-il allé étudier au Séminaire de Nicolet de préférence au séminaire de Québec ou de Saint-Hyacinthe ou bien encore de Montréal? Tout simplement par ce qu'un oncle, un marchand de bois, vivait à Nicolet, à proximité du Séminaire. Malgré ce fait, Charles était inscrit en tant que pensionnaire. Sa mère ne voulait pas qu'il prenne goût à la vie de la grande ville et qu'il se détourne ainsi de ses études.

Les Collèges classiques sont des institutions dirigées par des prêtres qui accueillent des pensionnaires et, en règle générale, un nombre plus ou moins important d'externes. Quelques laïcs y sont parfois employés, mais la majeure partie du personnel enseignant et des surveillants est composée de prêtres et d'ecclésiastiques qui poursuivent en même temps leurs études théologiques.

La plupart des élèves n'y séjournent que quelques années, voire quelques mois, et très peu font le cursus complet de sept ou huit ans. Charles prétend que les deux tiers des jeunes qui y sont inscrits ne terminent pas leur troisième année d'étude. Du moins, c'est ce qu'il a pu remarquer lors de son séjour au Séminaire de Nicolet.


Encore aujourd'hui (en 1852), la vie quotidienne dans ces établissements repose sur un horaire serré et sur un règlement sévère, variant peu d'un collège à l'autre. L'année scolaire débute à la fin de septembre ou en octobre et se poursuit jusqu'à la fin juillet ou au mois d'août.

Les congés sont rares, les élèves disposant habituellement d'une journée de repos à la Toussaint, au jour de l'An et à la fête des Rois. Pendant dix mois, les pensionnaires mènent une vie claustrale, prenant leurs repas en commun, dormant dans de vastes dortoirs, souvent encombrés et infestés de poux.

Le Séminaire de Nicolet au 19ème siècle

Le Séminaire de Nicolet, lieu d'étude et de discipline.

Comme monsieur Augustin Lebeau, maintenant journaliste et avocat, Charles Harris garde le souvenir d'une année en particulier. Il avait, à l'arrivée des vacances, la tête tellement infestée de poux que sa mère a dû faire appel à la sorcière Bernier. Pendant plusieurs jours de suite, bien malgré lui, il a dû s'enduire les cheveux d'une concoction infecte et malodorante. Mais, l'affaire fut bonne, car il n'a jamais plus été incommodé de poux, même lorsque les autres étudiants l'étaient.

Charles se souvient très bien que l'emploi du temps était partagé entre l'étude et les exercices de piété. Pour lui, c'était des journées monotones et austères qui commençaient très tôt: le lever, sonné à cinq heures, était suivi de la prière et de l'étude. À sept heures, élèves et professeurs déjeunaient, puis allaient à la messe. Les classes et l'étude, entrecoupées d'une récréation, de prières et de lectures pieuses, meublaient le reste de l'avant-midi. Un deuxième repas, servi vers 11 : 30 heures, se prenait en silence, en écoutant quelques lectures données par un étudiant ou par un professeur.

Charles avoue que ces lectures pouvaient être édifiantes pour leurs professeurs, mais pas pour la plupart des pensionnaires. Comme il le dit encore souvent: «Nous avions plutôt la tête à la rêverie, aux aventures» et, en cela, il n'était pas différent des autres élèves.

Oui, il avait plutôt la tête à la rêverie et aux aventures. Il était de ceux à qui, parfois, il fallait rappeler les principes élémentaires de la bienséance à table, comme: manger sans bruit, ne pas cracher, se servir des ustensiles, ne pas remettre dans la corbeille le pain que l'on a touché. Les professeurs étaient strictes sur ces règles qui étaient, curieusement, le plus souvent transgressées.

Augustin Lebeau, qui était pensionnaire au Séminaire de Montréal chez les Sulpiciens, se rappelle un certain Toussaint Leboeuf dit Landouille, qui prenait un malin plaisir à contrevenir à ces règles. Il lui est arrivé plus d'une fois de devoir se passer de repas, mais il paraît qu'il faisait toujours rire les autres pensionnaires aux éclats avec ses pitreries.

Pour sa part, Charles se souvient d'un certain Jean-François Lavigne, qui s'amusait à pincer son voisin lors de la lecture. Inévitablement, cela faisait sursauter et crier le pauvre pensionnaire qui avait le malheur d'être assis à côté dudit Lavigne. Le plus souvent, c'était le pauvre voisin qui écopait de la punition. Lavigne jouissait de l'impunité, car il terrorisait les autres pensionnaires qui osaient le dénoncer aux professeurs. Heureusement, son petit jeu fut, un jour, mis à jour par un surveillant plus avisé que les autres et ledit Lavigne fut expulsé de l'établissement après que les professeurs eurent pris connaissance de tous les mauvais traitements qu'il infligeait à certains pensionnaires.

À 13 heures, les élèves retournerons en classe. Après une brève pause, vers 16 heures, l'étude reprenait jusqu'au moment du chapelet, à 18 heures. La journée de pensionnaire de Charles se terminait par le souper, une récréation et encore quelques minutes d'étude. Aux alentours de 20 heures, il fallait se préparer à aller dormir en faisant sa toilette et en récitant sa prière du soir.


Les élèves externes, qui prenaient leur repas et dormaient à l'extérieur, devaient généralement assister à la messe du matin. Le dimanche, un horaire différent leur imposait de nombreuses occupations à caractère religieux. Cependant, l'examen de conscience, la confession et la visite du Saint-Sacrement étaient obligatoires pour tous les écoliers.

Imaginez que, sous un tel régime, les allées et venues et les fréquentations étaient strictement contrôlées. Le courrier pouvait être lu par le personnel et il était défendu aux pensionnaires d'avoir recours aux services des externes (ou à ceux des demi-pensionnaires, qui allaient dîner chez quelques résidents de Nicolet, pour faire quelque commission que ce fut.

Le jeune Charles Harris, à l'instar d'Augustin Lebeau et de bien d'autres, a bien dû contourner ce système à maintes reprises, surtout la dernière année au cours de laquelle il fit la connaissance d'une certaine jeune fille qu'il avait croisée la première fois lors d'une fugue dans la nature.

Chose invraisemblable, Charles ne fut jamais pris à son petit jeu. Jamais un surveillant ne s'aperçut de ses fugues ni même des petits mots qu'il faisait passer par un certain Pierre Lafrance, un autre ami, demi-pensionnaire. Encore aujourd'hui, Charles correspond régulièrement avec ces deux amitiés nées lors de son passage au Séminaire de Nicolet.

Entre externes et pensionnaires, les prêtres souhaitaient réduire, autant que possible, les contacts. De l'avis des professeurs et des directeurs, les écoliers qui étaient en rapport constant avec le monde de la ville ou du village exerçaient une mauvaise influence sur les pauvres pensionnaires. Il paraît qu'ils étaient moins pieux, moins disciplinés et qu'ils abandonnaient davantage leurs études.

Au contraire, Augustin Lebeau et Charles Harris affirment avoir constaté l’inverse, soit l’abandon de pensionnaires qui n’appréciaient pas le régime strict imposé par le pensionnat.

Ainsi donc, de grands efforts étaient faits pour préserver les pensionnaires de ce monde «dépravé» et «corrupteur» qu'il fallait craindre et mépriser. Dans certains établissements, la direction résolut, par exemple, de ne plus conduire les collégiens à la messe paroissiale du dimanche, car ces sorties distrayaient trop les écoliers, étaient jugées nuisibles à la piété et donnaient l'occasion de rencontrer les couventines, placées juste en face des garçons dans la nef de l'église.

Pire encore! À l'intérieur des établissements, les rapports entre élèves faisaient l'objet d'une étroite surveillance. Augustin Lebeau a raconté à Charles qu'au collège de Montréal, «petits» et «grands» étaient séparés. Cette ségrégation était d'abord fondée sur de simples raisons pratiques. Le coutumier du petit séminaire mentionnait en effet qu'une seule récréation de 120 écoliers où 40 ou 50 s'agitent et se remuent perpétuellement, comme le font les petits, est trop tumultueuse. Et, ces messieurs aimaient, par-dessus tout, le calme!

Pis encore! Le personnel encourageait volontiers la délation afin de mieux traquer toutes les formes d'inconduite, des conversations interdites jusqu'à l'usage du tabac. On cherchait «à faire réfléchir» les élèves en leur infligeant des travaux supplémentaires ou en les humiliant. Des garçons passaient ainsi plusieurs heures à genoux ou au coin. Certains, pauvres boucs émissaires de certains professeurs et surveillants, en avaient les genoux usés jusqu'au sang. C'était parfois un innocent qu'on punissait ainsi sans procès.

Les punitions corporelles étaient également employées, mais il était conseillé d'agir avec modération et discernement. Charles a parfois goûté à la mauvaise humeur de certains professeurs. Il espère bien que, dans le futur, ces sortes de débordements n'existent plus.

Heureusement, à quelques occasions, des maîtres, prompts à faire usage de la férule, furent dénoncés par des parents qui jugeaient les corrections cruelles et injustifiées. Il paraît que dans certains collèges, des enfants constamment maltraités par leurs professeurs auraient été retirés du collège. Charles a même entendu dire qu'un certain directeur fut contraint de payer une somme de cinq livres à titre de dédommagement pour les sévices exercés sur un garçon.

Ainsi donc, le système disciplinaire des collèges-séminaires était et est encore, en 1852, à ce que l'on dit, rigoureux et tatillon. D'après Charles Harris et Augustin Lebeau, ce système sévère avait pour objectif d'installer l'obéissance et la soumission en cultivant la peur et le sentiment de culpabilité. Cependant, il faut comprendre que Charles ne s'est jamais laissé empêtrer dans les mensonges des autres, pas plus que dans un quelconque sentiment de peur et encore moins de culpabilité. Déjà, à cette époque où il fut pensionnaire, il faisait preuve de discernement et de philosophie.

Charles se souvient aussi, en ce temps-là, il avait hâte aux vacances. Il n'était certainement pas le seul car, le temps des vacances interrompait ce régime de surveillance étroite et livrait, corps et âme, les pensionnaires à la vie extérieure et à ses «dangers».

Vous imaginez bien que, pour les autorités des collèges, ce temps était perçu comme une parenthèse redoutable dont il fallait, à tout prix, minimiser les effets. Pour ce faire, avant son départ, Charles se voyait remettre un règlement pour les vacances prescrivant de se lever tôt, d'assister quotidiennement, ou du moins très souvent à la messe, de se confesser et de communier, de faire régulièrement des lectures pieuses et un examen de conscience.

On lui conseillait également d'éviter les danses et les voyages, de s'abstenir de fréquenter «les personnes du sexe» et de ne pas «tant s'informer des nouvelles du pays». Charles a toujours été réfractaire à ces règlements. Il aurait été mal venu que quelqu’un ose lui imposer de telles consignes pendant ses vacances. Bien que ses parents furent sévères, ils avaient vite compris que Charles n'était pas voué à la vocation sacerdotale et qu'il valait mieux qu'il puisse jouir d'une certaine liberté pendant ses vacances. Cela leur était d'autant plus aisé à accepter que Charles était un jeune homme sérieux qui ne perdait pas son temps en de folles chimères. Déjà, il avait formulé le désir de devenir médecin et cela apparaissait, à ses parents, comme un objectif fort louable.

Vous comprendrez que les autorités des collèges-séminaires craignaient par-dessus tout que les garçons ne prennent des habitudes jugées mauvaises ou qu'ils ne soient détournés de la vocation. Encore, me direz-vous, fallait-il être intéressé par la vocation. Tel n'était donc pas le cas de Charles Harris! Alors, les règlements des vacances.

Dans chaque classe il y avait toutefois de jeunes garçons qui désiraient plus que tout devenir prêtres. Charles se souvient d'un jeune homme taciturne qui demeurait, lors de ses vacances, en rapport avec son directeur de conscience et qui envisageait «avec une grande frayeur» le congé estival «où tant d'autres faisaient naufrage».

Ces jeunes garçons représentaient le type même de l'élève idéal. Ils maintenaient, tout au long de leurs vacances, un mode de vie semblable à celui du pensionnat. Toujours est-il que, dans le cas de Charles Harris, cette discipline était difficile, voire impossible à suivre.

À l'automne, au commencement d'octobre, au retour de Charles ainsi que des autres pensionnaires, une retraite spirituelle de quelques jours rappelait les règles de l'établissement, proposait des exercices de piété, inspirait le renoncement, la crainte de Dieu, et l'obéissance.

Puis les classes et les exercices de piété reprenaient, selon un horaire serré, identique ou du moins semblable à celui de l'année précédente. Vous imaginez bien qu'à chaque rentrée, plusieurs garçons étaient absents. Les uns, en dépit des espoirs fondés sur eux, n'avaient manifestement pas la vocation et il semblait vain de payer pour les instruire. Les autres étaient démotivés, peu talentueux, malades ou avaient simplement acquis une formation suffisante pour exercer la profession à laquelle on les destinait; pour être commis, par exemple. Parfois, quelques nouveaux, issus des classes latines, ou d'un autre collège, s'ajoutaient au groupe des anciens. Charles a remarqué que d'une année à l'autre, le groupe qui persévérait se faisait toutefois de moins en moins nombreux.

Certes, pour Charles Harris et plusieurs autres jeunes hommes, le collège n'a pas été qu'un régime de discipline et de privation! Charles peut dire aujourd'hui qu'au terme de ses études, il avait étudié le français, le latin et la religion, principales matières au programme des collèges séminaires. Il a fait aussi des mathématiques et reçu des leçons d'anglais, d'histoire, de géographie et de grec. Il a bénéficié également, principalement au cours des deux dernières années, de cours de physique, de chimie, de musique, de dessin et même de gymnastique. Charles se rappelle de choses étonnantes sur les expériences scientifiques qui étaient menées au Séminaire de Nicolet.

Aujourd’hui, Charles Harris avoue que, même si son enseignement était basé sur une utilisation mécanique des manuels et sur un apprentissage faisant surtout appel à la mémoire, son bagage intellectuel, somme toute assez superficiel, était alors supérieur, et de loin, à celui de la majorité de ses contemporains qui commençaient très tôt à travailler.

Ainsi, tout au long de ses études, il a baigné dans un univers mental et culturel qui contrastait avec son milieu familial. Pour sûr, il y a acquis des connaissances, mais, surtout, il a appris un certain nombre de règles de bienséance et de piété.

Charles Harris aimerait savoir ce qu'il en est, dans le futur, des objectifs des établissements d'enseignement. De son temps, les collèges-séminaires visaient et visent encore, par-dessus tout, à former des hommes vertueux et religieux. Pour cela, le personnel s'efforçait d'inculquer la piété, l'obéissance, la modestie et la pudeur à tous les élèves, qu'ils fussent pressentis pour devenir prêtres ou qu'ils dussent opter pour la vie laïque. À la sortie de l'établissement, la plupart avaient mené une vie réglée dans ses moindres détails, où l'imprévisible et la fantaisie étaient, sinon absente, du moins combattu.

Certes vous imaginez bien que tel ne fut pas le cas de Charles Harris ni même celui d'Augustin Lebeau. Ces deux jeunes garçons étaient et sont encore trop impétueux pour se laisser ainsi... éteindre! Vous comprendrez que ce règlement austère en a éloigné certains de l'Église. Mais, plusieurs furent durablement influencés par ces années passées au collège-séminaire. Ils sont partout les maîtres de la vie publique et de la vie professionnelle. Ils sont devenus, en ces temps difficiles, de puissants alliés des prêtres auprès desquels ils ont coulé leur jeunesse!

Au Séminaire, Charles s'est vivement intéressé à tout ce qui était science. Voici une liste d'instruments utilisés dans le cadre des classes de science. Cette liste comprend des modèles de mécanique, des appareils d'optique, dont un télescope à réflexion appelé «Grégorien du nom de son auteur Mr Grégory», un calorimètre de Lavoisier, une balance hydrostatique, des répliques d'un hémisphère de Magdebourg et d'un ballon aérostatique, une machine pneumatique, des piles de Volta et des bouteilles de Leyde, «une batterie construite d'après les plans de celle dont s'est servi le célèbre Humphrey Davis à l'Institution royale de Londres», un électromètre et une «machine électrique» composée «d'un cylindre d'un pied de diamètre et de 20 pouces de longueur», enfin, des tiges et aiguilles aimantées, des boussoles, un théodolite et un sextant.

Charles Harris imagine bien que tout cela est de la préhistoire pour les gens du futur. Mais il les met au défi de faire la petite histoire de ces instruments et de découvrir la nature de leur utilisation. Il donne en exemple une démonstration du magnétisme qui donnait lieu à l'une de ces expériences qui amusaient fort le public à la fin de l'année scolaire. Elle consistait à placer dans un bassin rempli d’eau quatre petits canards dans le bec desquels on avait inséré un morceau d’acier aimanté, et à les faire s’éloigner ou se rapprocher au moyen d’une baguette de fer aimantée à ses extrémités. On apportait ensuite un aquarium et l'expérience était répétée avec quatre poissons.

Une autre expérience était un exercice fait avec la «bouteille de Leyde». L'expérience était conçue de manière à intéresser même les assistants les moins au fait de la physique. Ainsi, plusieurs visiteurs furent invités à venir sur la scène décharger une bouteille de Leyde en se tenant par la main, afin d'éprouver le choc électrique prévu.