Secrets d'Aurigène
SECRET
À propos d'Augustine et Pauline

Ce récit rapporte les dernières paroles d'Augustine St-Gelais à sa fille Pauline. Il dévoile comment une nuit de feu et de peur a brisé une famille de Québec en 1802, condamnant un nouveau-né à l'anonymat par simple superstition.

La malédiction de la tache de loup

Elle n'a jamais vu non plus son frère cadet. Elle ne sait rien de lui sinon qu'il a une tache de naissance sur l'épaule. Sa mère lui a révélé avant de mourir que son frère avait une tache de naissance de couleur brunâtre qui ressemble un peu à une tête de loup.

C'est sur son lit de mort qu'Augustine St-Gelais a expliqué à Pauline les raisons qui étaient à l'origine de l'abandon de son frère cadet. Ainsi, la nuit de sa naissance, la grange de ses parents brûlait. Hector Lemieux, craignant de perdre ses deux chevaux, décida de tout faire pour les sortir de la grange. C'était peine perdue. En plus de perdre ses deux chevaux, il y laissa la vie.

Incendie d'une grange la nuit

Une heure à peine avant que ne se déclare ce feu, Augustine St-Gelais avait donné naissance à un garçon. Lors du drame, la sage-femme qui était encore à la maison parla de malédiction.

Cette vieille femme était subjuguée par la superstition. Elle imputait la responsabilité de l'incendie à la tache de naissance qui marquait l'épaule du fils d'Augustine. Elle lui dit que d'anciennes croyances disaient que les taches de naissance étaient un signe de malheur, de mauvais présage.

Fragile, la jeune mère se laissa convaincre et crut que tous les malheurs qui s'abattaient sur la famille étaient dus au nouveau-né. Elle le voyait désormais comme une espèce de mauvais esprit et elle avait peur que toute cette malchance n'ait de cesse tant que l'enfant serait sous son toit.


Influencée par la sage-femme, elle décida donc de donner son frère à la crèche afin de faire cesser le malheur. C'est la vieille femme qui alla elle-même le déposer à la porte de service de l'orphelinat de St-Pierre.

Hector Lemieux et Augustine Saint-Gelais ont eu deux enfants : Pauline, née à Québec le 28 juin 1797 et un garçon, né à Québec en 1802 et dont elle ne sait presque rien.